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Secteur du bâtiment : ce que l’impression 3D vous réserve en 2020

Quand on pense secteur du bâtiment, l’impression 3D n’est pas encore ce qui vient prioritairement à l’esprit. Pourtant, il est bien possible que ça devienne le cas en 2020.

En dehors du BIM, le secteur du bâtiment va connaître une forte augmentation de l’utilisation de l’impression 3D dans le cadre de projets concrets en 2020. Voici plus précisément quels sont selon nous les 3 impacts de cette technologie pour l’année à venir :

  1. Après avoir fait ses preuves, l’usage de l’impression béton va se généraliser lors de la construction de bâtiments privés comme publics,
  2. 2020 verra l’avènement de nouveaux matériaux (et en particulier de l’impression de structures métal),
  3. Les premières applications de l’extrusion dans matrice de gel à des cas concrets.

2020, année des bâtiments en béton imprimés en 3D

L’impression 3D est de plus en plus utilisée par les professionnels du bâtiment. Les résines, répandues aujourd’hui, s’avèrent d’excellents matériaux dans le cadre de l’impression 3D de maquettes par exemple. Cependant, il est désormais possible d’aller plus loin, en particulier en mobilisant l’impression 3D pour les besoins directs de construction. On voit d’ailleurs un peu partout dans le monde des bâtiments en tous genres sortir de terre en l’espace de quelques semaines grâce à ces technologies.

Pas plus tard qu’en octobre 2019, la première maison de France était entièrement imprimée en béton par la société valenciennoise Constructions-3D, tandis que Dubaï donnait naissance, grâce au même procédé, à un bâtiment administratif de 640m²… Et ces constructions ne sont ni isolées ni expérimentales. Les technologies d’impression béton de grands ouvrages ont beaucoup pris en envergure en 2019, et les entreprises positionnées sur le secteur sont aussi dynamiques que nombreuses. Parmi elles, Xtreee, Cybe, ABB Robotics, PrintStones, Betabram… Une effusion qui laisse présager encore de nouvelles prouesses pour 2020 ! C’est en tous cas le pronostic F3DF en la matière.

L’avènement de nouveaux matériaux dans l’impression 3D appliquée au secteur du bâtiment

Cependant, le béton n’est pas le seul matériau ayant un bel avenir dans le Building Printing.

En 2015, le néerlandais MX3D, partenaire Autodesk, prouvait déjà que l’impression 3D métal d’objets complexes à visée architecturale était possible. Le temps écoulé depuis ce « POC » (Proof of Concept), et les évolutions technologiques intervenues depuis, nous laissent présager une nouvelle étape dans l’utilisation de ce matériau en 2020.

En 2019, un autre matériau a fait timidement son entrée dans l’univers de l’impression 3D, là où on ne l’attendait pas : le bois. En effet, l’université suédoise de Chalmers, qui avait déjà créé de la pâte de bois compatible avec l’impression 3D, est désormais capable d’imprimer en 3D du bois dans toute sa structure, et avec toutes ses propriétés. Cette innovation semble cependant à un stade encore trop précoce pour en présager une utilisation courante par le secteur du bâtiment avant quelques années.

Enfin, des biomatériaux voient le jour, comme en atteste l’impression 3D d’une maison à Bologne par l’italien WASP. Le matériau utilisé est ici de l’argile, avec l’ambition de pouvoir puiser cette ressource au plus proche des lieux de construction, et de les recycler en fin de vie.

Le bois comme l’argile ne sont probablement pas encore suffisamment mûrs pour permettre la généralisation de leur utilisation dans des cas « civils », mais 2020 devrait voir leur montée en puissance. En revanche, l’impression métal dans le bâtiment semble tout à fait pouvoir donner naissance à de plus en plus de structures grandeur nature.

Et côté technologies 3D appliquées à l’AEC ?

Côté technologie, l’équipement innovant pour lequel F3DF voit un bel avenir est le nouveau procédé d’impression 3D par extrudation au sein d’une matrice de gel, mis au point par Soliquid. L’ambition de la société, affirmée par Jim Rhoné, un de ses fondateurs, est de proposer « un nouveau mode de production industriel d’éléments constructifs, complexes et sur-mesure, plus légers et performants, sans l’utilisation de moule ni de support », et notamment par « l’optimisation de systèmes structurels (dalles, poteaux, poutres, modules de construction…) », « la fabrication d’éléments architecturaux non standards (panneaux de façade…) », et « la production de gammes de mobilier innovantes ». Pour en savoir plus sur la société, et son procédé de fabrication, n’hésitez pas à lire l’article complet de 3Dnatives.

La startup a intégré la première promotion de l’accélérateur Seed, déployé par Vinci, et devrait donc gagner rapidement en maturité. Ce nouveau cap permettra certainement à l’entreprise de développer encore la solution et de la confronter à des projets concrets au cours de l’année 2020, et peut-être de changer d’échelle dès 2021 !