La place du BIM pour les bâtiments anciens

La place du BIM pour les bâtiments anciens

De plus en plus utilisé utilisée dans l’architecture et la construction en général dans le cadre de la conception, le BIM est également l’outil parfait pour gérer le patrimoine au cours de sa vie. En effet, les projets de réhabilitation, de rénovation énergétique lourde, d’amélioration de la gestion de patrimoine doivent, eux aussi, pouvoir bénéficier d’un outil intelligent, qui favorise l’interopérabilité entre tous les acteurs d’un projet. Comment parvenir à intégrer la maquette numérique dans de tels processus ?

Des données à jour

En 2014, Benoît Vervandier, directeur général du groupe Archimen, expliquait déjà, dans un entretien accordé au site internet Le Moniteur, que « la méconnaissance du patrimoine a un coût, qui a été estimé à 2 euros/m² par an par l’association Building Smart International ».

C’est ainsi que le conseil régional de Bourgogne (CRB) a décidé de faire appel à une société spécialisée dans l’ingénierie de la construction pour créer une base de données BIM, contenant non seulement les surfaces des 900 bâtiments scolaires de la région, mais également l’affectation de ces surfaces. Grâce au Building Information Model, le CRB a ainsi disposé d’une véritable visibilité sur 1,5 million de m².

Une base de données qui s’enrichit

Une fois les données récoltées, une question demeure : comment faire vivre cette base de données ? Pour Pierre Mit, président de l’Union national des économistes de la construction (Untec) et copilote du groupe de travail « BIM et gestion du patrimoine du Plan bâtiment durable » : « afin qu’elles puissent être mises à jour, il est important de leur éviter le même sort que celui des dossiers des ouvrages exécutés (DOE), souvent oubliés ou perdus ».

Serge Ourties, PDG de Labeo, expliquait en 2016 : « Les gestionnaires de patrimoine sont les premiers créateurs de données BIM en France ». En effet,  en nourrissant les bases de données BIM, ces professionnels tireraient de nombreux avantages, parmi lesquels :

  • Des coûts évités non négligeables,
  • Une optimisation des investissements,
  • La diminution des nuisances pour les occupants,
  • La création de valeur,
  • De la génération d’emplois,
  • Un gain de productivité pour les collaborateurs qui ne perdent plus du temps à aller rechercher des informations, un gain de temps s’élèverait à une douzaine de jours sur une année par collaborateur
  • Le passage à une maintenance préventive voire prédictive, donc mobilisation des personnels plus efficace
  • Des achats de pièces anticipés
  • Une maintenance augmentée avec accès facilité aux documents techniques et identification des liaisons fonctionnelles des réseaux

Cas pratique : la mairie de Montreuil

Ange-Lucien Guidicelli, expert géomètre-topographe, associé d’un cabinet spécialisé, expliquait dans un entretien accordé à Filiere-3E :

« Le BIM et la modélisation 3D sont un des volets importants d’usage et s’appliquent aussi bien pour la numérisation complète d’un bâtiment neuf à sa livraison qu’à celle d’un bâtiment existant ancien, comme c’est le cas de la mairie de Montreuil, que nous avons numérisé récemment, avec un objectif premier de maintenance et de gestion à partir de la maquette numérique IFC .

Certaines pièces intérieures de la mairie, classées, ont fait l’objet d’un recueil supplémentaire de points afin d’avoir une densité et résolution optimale sur les détails architecturaux.

Une fois la numérisation effectuée et une série d’une soixantaine de photos couleurs réalisées, il s’est agi d’assembler et de contrôler les données pour obtenir un seul et unique nuage de points, pour une transposition dans l’outil de maquette numérique, dans ce cas, Revit. Chaque objet est classé par famille, puis la modélisation se fait en fonction du niveau de détail souhaité. Pour certaines parties, il est possible d’ajouter des compléments d’information, par exemple, les matériaux utilisés pour les fenêtres ont été ajoutés ».

Cet exemple concret démontre noir sur blanc que le BIM possède un rôle légitime dans l’univers des bâtiments anciens. Grâce à cette technologie, le secteur dispose d’un outil destiné à la préservation de notre patrimoine.

Se former pour tirer le meilleur d’un projet BIM

Le potentiel de la modélisation 3D est grand, et les technologies associées sans cesse améliorées, l’exploiter pleinement nécessite donc une mise à jour régulière des connaissances. Pour cela, nous conseillons aux cabinets d’architecture et aux bureaux d’étude de mettre à la disposition de leurs ressources des formations BIM sur les dernières versions des solutions Autodesk.

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