Retour d‘expe?rience d’un bijoutier sur la ProJet 1200

F3DF donne la parole à Nicolas Tranchant, dirigeant de la bijouterie en ligne Vivalatina. Ayant acquis la 1200 projet de 3D Systems en Mai 2015, il nous pre?sente le bilan d’utilisation de cette machine dans le secteur de la bijouterie joaillerie. Nous avions déjà présenté l’imprimante 3D Projet 1200 lors de sa sortie et réalisé un test complet, Nicolas nous livre son retour d’experience concret et sans concession :

La 1200 projet sur le bureau

Imprimante 3D Projet  1200 sur le bureau

Utilisation courante de l’imprimante 3D Projet 1200

La mise en service et l’utilisation normale de la machine ne posent aucunes difficultés. Conforme?ment aux me?rites de la machine vante?s par le marketing de 3D Systems, cette imprimante 3D est du type plug and play, il faut suivre les instructions simples de la mise en route pour voir votre machine fonctionner rapidement.
L’utilisation des cartouches est pratique au de?but mais devient vite limitante lorsque l’on se familiarise avec la technologie, j’y reviendrai plus loin.
La pre?sence d’une chambre de polyme?risation est elle aussi tre?s pratique au de?but, mais nous limite aussi comme on le verra plus loin.
Les avantages techniques de la machines sont nombreux, de faible encombrement et tre?s silencieuse, il est tre?s facile de l’inte?grer dans votre atelier ou sur votre bureau (ce qui est mon cas). Elle est tre?s pre?cise et permet donc des impressions 3D de toute beaute?. Rappelons toutefois que le re?sultat d’impression de?pend du couple imprimante+re?sine. Une mauvaise re?sine avec une bonne machine ne donnera qu’un re?sultat me?diocre.

Vue au microscope de la finesse d'impression de la 1200 avec la FTX Green

Vue au microscope de la finesse d’impression de la Projet 1200 avec la résine FTX Green

En cas d’utilisation normale telle que pre?conise?e par 3D Systems, l’imprimante 3D Projet 1200 n’offre presque aucune difficulte?.
Seulement, car il y a un mais, la qualite? des re?sines de 3D Systems pour la joaillerie est telle qu’il est impossible de travailler avec ces re?sines pour les utiliser dans un process de fonderie conventionnel en atelier de bijouterie.
?C’est la? que l’on de?couvre alors les limites de la machine.

Les limites d’utilisation de l’imprimante 3D Projet 1200

Le point noir de l’imprimante 3D : ses re?sines FTX Green et FTX Cast normalement destine?es aux bijoutiers, elles ne sont pas utilisables dans mon process de fonte conventionnelle utilise? en bijouterie.

FTX Cast imprime?e sur la 1200

FTX Cast imprime?e sur l’imprimante Projet 1200, tre?s fragile lorsqu’on la manipule

D’après mes calcul, avec un prix au litre de 1300 euros, ces re?sines sont de loin les plus che?res du marche?.
La re?sine Green s’imprime tre?s bien avec une grande finesse mais s’incine?rent tre?s mal. Du coup il faut se re?soudre a? l’utiliser pour faire des moules en silicone.
En cherchant sur le marché des consommables, d’autres re?sines a? 65 euros le litre mon permis d’obtenir les mêmes résultats.
La re?sine Cast, proposée par 3D Systems, lors de  l’incine?ration donne de pie?tres re?sultats et on perd en plus des de?tails d’impression. De plus, elle est extre?mement fragile, et elle se casse la plupart du temps lorsque l’on de?tache notre pie?ce du support d’impression.
Le principe des cartouches ne me convient pas dans mon activité, assez onéreuses les cartouches ont des puces, qui au lieu de vous pre?venir d’un manque de re?sine pour re?aliser l’impression que vous vous appre?tez a? lancer, servent a? limiter le nombre de cycle des cartouches. La politique du constructeur est peut être à revoir !

Puce limitant l'utilisation de la cartouche

En rouge la puce limitant le nombre de cycles d’impressions de la cartouche

Si vous de?sirez utiliser les cartouches avec les re?sines d’autres fournisseurs, c’est possible mais vous serez force?ment limite?s a? un moment donne? par les puces et force?s de retourner voir 3D Systems pour acheter leurs re?sines.
Pour ce qui est de la chambre UV de polyme?risation, elle est pratique car directement inte?gre?e a? la machine. Seulement les cycles automatiques ne durent que 10 minutes. Si bien que pour des pie?ces e?paisses ou volumineuses qui ont besoin de temps de polyme?risation, il faut relancer manuellement les cycles.
La bonne polyme?risation des re?sines e?tant vitale pour assurer le succe?s du process de fonte, il aurait e?te? pratique d’inte?grer une option au logiciel de la machine pour pouvoir parame?trer la dure?e des cycles UV.
Cet oublie oblige l’utilisateur a? se confectionner son propre caisson de polyme?risation UV. Cela n’est pas complique? mais quelques lignes de codes dans le soft de la machine et le tour aurait e?te? joue?.

Un capot de stockage de cartouche ouverte

Un capot de stockage de cartouche ouverte et une plaque pour le support d’impression pour le nettoyage a? l’alcool. Accessoires de fabrication personnelle.

A noté, 3D Systems ne met strictement aucun accessoire a? la disposition, alors que d’autres constructeurs cre?ent des outils parfaitement adapte?s a? l’utilisation de leur machine. 3D Systems ne fourni aucun accessoire de nettoyage ou bien de stockage des cartouches de re?sines qui une fois ouverte sont très difficiles a? stocker.
De prime abord, le syste?me des cartouches parai?t e?tre un avantage, c’est ainsi que le montre le marketing de 3D Systems, mais a? l’utilisation on se rend compte que ce syste?me est entie?rement imagine? pour 3D Systems et non pour l’utilisateur.

Les applications de l’impression 3D pour la bijouterie

Malgre? les limites e?nonce?es plus haut, le recours a? des re?sines tierces permet d’utiliser la machine afin de produire des bijoux.
La premie?re alternative est d’imprimer des masters en plastiques qui serviront a? fabriquer des moules en silicones pour produire les mode?les en cire conventionnelle.

Moule en silicone produit a? partir d'un master en plastique

Moule en silicone produit a? partir d’un master imprimé en 3D

La seconde solution est d’imprimer des re?sines incine?rables d’un autre fournisseur. C’est ce que cherchent a? faire la plupart des bijoutiers qui ont acquis l’imprimante 3D Projet 1200.

Re?sine castable de FunToDo imprime?e sur la 1200

Re?sine castable de FunToDo imprime?e sur l’imprimante 3D Projet 1200

Le plateau d’impression est relativement petit, mais convient pour la plupart des projets de bijoux. Il faut cependant noter que si 3D Systems pre?tend que l’on peut imprimer 5 bagues en me?me temps, cette quantite? passe a? deux bagues dans le cas d’une chevalie?re, voire une seule parfois. Cependant la finesse d’impression permet de re?aliser des de?tails tre?s fins.
Pour information, j’ai testé les fournisseurs de re?sines : FunToDo, B9 et Outilor.

Le workflow de production avec l’impression 3D

Celui-ci est simple.
A? partir du logiciel de commande de la machine (Ge?omagic Print dans mon cas) on importe le fichier .stl a? imprimer.
On positionne de manière automatique ou manuellement la pie?ce sur le plateau d’impression puis on met en place de manie?re automatique les supports d’impression. On peut ensuite les retirer, en rajouter ou bien les modifier selon les besoins.

Bague sur le plateau d'impression avec ses supports d'impression

Bague sur le plateau d’impression avec ses supports d’impression

Ces ope?rations se passent tre?s bien, sont rapides et simples.
On aura au pre?alable choisi les parame?tres d’impression de la machine. La? encore, nous sommes limite?s aux utilisations pre?conise?s par 3DS puisque les parame?tres en question sont ceux des re?sines vendus par 3DS.
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Si vous utilisez une re?sine d’un fournisseur tier, il faudra donc choisir les parame?tres de la re?sine 3DS se rapprochant le plus de votre besoin. Dans la plupart des cas, on choisi les parame?tres de la re?sine FTX Gold qui donne un temps d’exposition aux UV le plus long.
On peut ensuite lancer l’impression et il n’y a plus qu’a? attendre la fin de celle-ci.
Suite a? l’impression, il suffit de retirer le support d’impression et de laisser tremper votre pie?ce dans un bain d’alcool a? 90° (c’est ce que je fais car plus facile a? obtenir que l’alcool pre?conise? par 3DS). Pas d’accessoires disponibles la? non plus si bien que je me suis fait mon propre support adapte? a? un pot en verre qui me sert de re?cipient de nettoyage.
Une fois la pie?ce rince?e et se?che?e, on la passe aux UV.
Ces e?tapes suivent les recommandations de 3DS.

Opportunite?s offertes par l’imprimante Projet 1200

Malgre? les de?fauts e?nonce?s plus haut, cette machine permet une production facile et rapide de masters en re?sine permettant de montrer le design aux clients ou bien de faire des moules.

Bague imprime?e en re?sine FTX Green avec zircons pour de?monstration

Bague imprime?e en re?sine FTX Green avec zircons pour de?monstration

De ma propre expe?rience, cette machine a? comple?tement transformer notre manie?re de travailler, faisant passer notre travail d’un mode tre?s artisanale vers une pre?cision de production proche de ce que fait l’industrie.

Conclusion

Je ne suis pas 100% satisfait de mon acquisition pour les raisons e?voque?es plus haut. Si la machine me donne entie?re satisfaction, la politique commerciale de 3D Systems ne me convient pas, le constructeur devrait mettre l’accent sur une meilleur qualite? de ses re?sines.

Ayant choisi 3D Systems pour sa re?putation et son image se?rieuse, j’ai e?te? de?c?u de constater que de simples start-up peuvent faire mieux pour moins cher et avec un soucis d’aider l’utilisateur bien plus prononce?. Affaire à suivre !

Nicolas Tranchant Rédacteur-Testeur F3DF

Gérant de la bijouterie vivalatina

Webmaster du blog http://creation-bijoux-personnalises.fr/

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